Guerre du rif (1921-1926)

L'Espagne première grande nation coloniale tient à conserver le Rif, région au Nord du Maroc. Abdelkrim al-Khattabi entend obtenir l'indépendance de sa région. 
En 1912, lors du traité de Fès le Maroc devient un protectorat français. Par la suite, un accord entre la France et l'Espagne permet à cette dernière de mettre la main sur le Rif.
En 1921, les moudjahidines commandés par Abdelkrim al-Khattabi infligent une cinglante défaite aux colons espagnols. Néanmoins, au début de la zone d'influence espagnole sur le Rif, colons espagnols et colonisés du Rif avaient mis en place une entente. Abdelkrim al-Khattabi pensait que cette collaboration avec l'Espagne permettrait au Rif de se développer. Il n'en sera rien, l'Espagne vivant une période de grand désarroi économique ne peut pas se permettre d'investir dans la région. La relative faiblesse espagnole va pousser les riffains à tenter de s'extirper des griffes coloniales. Abdelkrim al-Khattabi cherche et trouve un nouvel allié de poids en la personne de l'Allemagne. Lors de la première génération guerre mondiale, les Allemands tentent d'ouvrir un second front, au Maroc, au cœur des colonies françaises. Abdelkrim al-Khattabi en profite pour unifier les riffains et s'allier aux allemands. 
En 1923, les espagnols adoptent une nouvelle stratégie, peinant à progresser sur le terrain, ils utilisent le champ aérien. Ils utilisent des gaz pour disperser les rangs de l'armée du Rif, ces largages atteignent également les populations civiles. L'Espagne déploie principalement deux unités au Rif, d'une part les troupes régulières,cm composées essentiellement de marocains, et une légion étrangère , composée en grande partie de latino-américains.
Alors qu' Abdelkrim al-Khattabi se bat pour l'indépendance du Rif, il est en guerre ouverte avec le Sultan du Maroc qu'il juge illégitime. Pour Abdelkrim al-Khattabi, le Sultan Moulay Youssef est le laquais de la France. Ce dernier s'oppose à la lutte des riffains. Abdelkrim al-Khattabi se proclame commandeur des croyants. 
1925. Abdelkrim al-Khattabi est sûr de ses forces. Il veut établir un État indépendant du Rif mais il envisage également de rendre à l'intégralité du Maroc son indépendance. De ce fait, Abdelkrim al-Khattabi et ses moudjahidines exportent la lutte armée au sein du protectorat français. Alors que la France pensait avoir le soutien des tribus locales, elles vont peu à peu se retourner contre le colon. 
C'est dans ce climat que surgit le PCF (Parti Communiste Français) et encourage la lutte des peuples colonisés ainsi que leur appel à l'indépendance.
Lyautey chargé des opérations militaires coloniales au Maroc appelle le gouvernement français et Paul Painlevé, chef du gouvernement, à lâcher des gaz sur le terrain, comme l'a fait l'Espagne quelques années plus tôt. Le gouvernement français refusera et finira par rappatrier Lyautey. 
Il est remplacé par un dénommé Pétain, alors vice-président du conseil supérieur de la guerre. Pétain adopte une stratégie offensive visant à aller chercher Abdelkrim al-Khattabi dans son fief. 
La France peut compter sur le soutien de l'Espagne pour mettre fin aux opérations anticoloniales d' Abdelkrim al-Khattabi, l'hexagone envoie 100 000 hommes quand leurs alliés historiques espagnols disposent de 50 000 hommes sur place. Abdelkrim al-Khattabi est rapidement pris en étau et se rend aux forces armées françaises. Il est exilé sur l'île de la Réunion où il y reste jusqu'en 1947, alors qu'il doit s'installer dans le sud de la France, il finit par rejoindre l'Égypte. Sans les armes et malgré l'exil, Abdelkrim al-Khattabi continue la lutte anticoloniale. Il préside le Comité de Libération du Maghreb. Jusqu'à sa mort, il reste un opposant à la couronne du Maroc qu'il juge compromise avec les puissances coloniales. En tant qu'anti colonial, il s'engage pour la cause palestinienne, dès la fondation de l'État sioniste.
En 1963, il décède en Égypte et le président Nasser lui offre des funérailles nationales.

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